« Bien-aimés, alors que je m’empressais de vous écrire au sujet de notre commun salut, je me suis trouvé dans la nécessité de vous écrire pour vous exhorter à combattre pour la foi qui a été une fois enseignée aux saints”. Jude 3
Jude est probablement l’un des frères cadets du Seigneur comme Jacques, auteur de l’épître qui porte son nom. Cependant, c’est premièrement en qualité “d’esclave de Jésus Christ” (v. 1) qu’il s’adresse à des églises composées en partie de Juifs (les nombreuses références à l’Ancien Testament le suggèrent), ainsi que de chrétiens d’origine païenne, comme l’immoralité qui y régnait paraît l’indiquer (v. 4). L’expression “notre commun salut” prend alors toute son importance.
En se considérant comme un esclave, Jude n’est pas seulement soumis à la volonté de son Maître dont il connaît les intérêts, mais il y veille comme l’ont fait les esclaves cités en Luc 19. 13-19. Soucieux de la prospérité spirituelle de ceux auxquels il s’adresse, il a à coeur d’édifier ces frères en développant pour eux le sujet du salut. Ce “grand salut” est toujours capable de stimuler notre amour pour son auteur (Hébreux 2. 3) et de nous encourager à témoigner. L’esprit de Jude est donc occupé de ce qu’il écrira à ses “bien-aimés” quand, vraisemblablement, lui parviennent des échos de l’état déplorable de ces assemblées, causé par “des impies” infiltrés parmi les fidèles (v. 4).
La maturité spirituelle de Jude lui permet aussitôt de mesurer la gravité de la situation et les dommages irréparables qu’un tel état peut provoquer si le mal n’est pas immédiatement combattu. Renoncera-t-il à aborder un tel sujet ? Certainement pas ! Cela reviendrait à tolérer l’action corruptrice de ces “bêtes sans raison” parmi les fidèles (v. 10). Même s’il préfère entretenir ces chrétiens de sujets plus édifiants, son amour pour eux et son discernement de la volonté du Maître lui font immédiatement changer de discours. Il s’agit de “combattre” et ce combat ne peut être évité ni renvoyé à plus tard.
Jude dénonce donc les agissements des “impies”. Il emploie des termes très forts capables de réveiller l’ardeur au combat de ceux que, par trois fois, il nomme ses “bien-aimés” (v. 3, 17, 20). Quel exemple ! Aimer les frères, avoir à coeur leurs progrès, discerner les dérives morales ou doctrinales (laxisme et légalisme) et les combattre : voilà la tâche d’un “bon et fidèle esclave” (Matthieu 25. 21, 23).
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