Le veilleur de la forêt


« Voici, Il ne sommeille ni ne dort » (Psaume 121)

La petite douleur

Une fois de plus, mon bras droit* me réveille. Ce n’est pas qu’il ait une volonté propre, c’est juste qu’il me fait mal.
*si seulement c’était un aide de camp! mais bon, là je parle d’un vrai bras!

Sur les toilettes, encore embrumé par le sommeil, un chant de ma femme écouté la veille, a réveillé le souvenir d’un pote qui a sombré dans la drogue…

Je sors

La nuit

J’aime les vraies étoiles, car malgré leur grandeur, elles ont su rester petites et silencieuses (sans tapage médiatique…)

Tiens (?!) La lune me fait un clin d’oeil (demi-lune)

La nuit s’est prise dans les branches des arbres, c’est pourquoi elle reste un peu plus longtemps dans la forêt.

J’aime l’odeur fraîche des bois profonds qu’elle laisse derrière elle, tous me parle d’un jour naissant qui contient une promesse de renouveau.

Le veilleur de la nuit

Et là, pourtant loin de tout, j’entends un homme siffler dans les bois

(mais kesk? Et si tôt? que?!)

C’est peut-être un gardien charger de réveiller le jour? A son passage, les oiseaux commencent timidement à chanter…

Ce n’est pas la première fois, que je l’entends, mais aujourd’hui le siffleur est sur mes pas,
le son de son chant se rapproche de plus en plus…

La tentation de me fondre avec les arbres de la forêt et de goûter à ce malin petit plaisir qu’est de voir sans être vu me fait du pied…

(Ce n’est pas que je me cache, mais simplement que je ne bouge plus…)

Le secret

C’est ainsi que j’y ai déjà croisé l’un ou l’autre stagiaire en visite à l’atelier. Alors qu’absorbé, ils passaient tout prés de moi, je découvrais un bonheur encore plus grand que celui de crier: – « Bouh! »

Le son de leurs prières (oui pask c’est pour ça qu’on va dans la forêt) était comme un baume pour l’âme et cette rencontre connue de moi seul, un secret que je garde en mon coeur tel un manteau de respect dont je les couvrais à mon prochain regard sur eux.

La rencontre

Aujourd’hui, je me laisse trouver…

cette sentinelle m’intrigue (à quoi bon fuir).

Je m’assois sur un tronc situé pile poil à la frontière entre jour et la nuit,
et à ce moment précis, un vieil homme à la crinière d’argent surgit doucement des buissons, je crois que je l’ai un peu surpris…

et c’est là que je réalise que ma présence est tout aussi insolite que la sienne.

Peut-être qu’il a pensé que j’étais la relève…?

Nous avons échanger quelques mots banals laissant volontairement notre part de mystère intacte (il n’en est que plus beau). Puis comme il est venu, il est reparti, basculant avec lui le temps sur « jour ».

La richesse invisible

Je reste là pensif…. et médite…

La forêt s’est enrichie depuis hier, car une jeune fille en stage de dessin chez moi, vient elle aussi y chercher Dieu… puisse-t-elle garder cette habitude toute sa vie…

Si tous faisaient de même, peut-être bien que le jour se lèverait aussi pour ceux qui sont encore dans la nuit….

Alain  www.alainauderset.com

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