Comment apprécies-tu quelqu’un d’autre?


Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l'œil de ton frère, et ne remarques-tu pas la poutre qui est dans ton œil ? La Bible, Matthieu 7:3

Sarah passe par une période très difficile. Tout semble se détraquer soudainement, à commencer par son mariage, ensuite son travail, sa santé…et aujourd’hui, elle a passé une très mauvaise journée. Des disputes qu’elle n’avait plus connues depuis longtemps avec ses collègues de travail ont ressurgi. Elle se sent retomber dans d’anciens schémas de comportement. Sarah décide alors de se rendre, un peu désespérée, dans sa cellule de prière. Elle y partage librement ses sentiments et ses doutes quant à l’amour que Dieu lui porte. Le groupe écoute attentivement, lui donne quelques suggestions. Ils prient pour elle avec ferveur et lui prodiguent encore quelques exhortations bien intentionnées. Malgré tout, Sarah se sent très seule…c’est comme si elle se retrouvait allongée  sur une table d’opération, entourée de dix chirurgiens en activité. Elle se sent incomprise et condamnée. A l’intérieur d’elle-même, elle décide alors de ne plus jamais dévoiler ses sentiments profonds.

Qu’est-ce qui  l’a blessée? Est-ce le fait qu’elle ait eu tout-à-coup le sentiment que tout ce monde-là ne pourrait jamais douter ? Que les autres n’ont  jamais de combats intérieurs? L’image de ces chirurgiens exprime une empathie très théorique. Je partage aussi le sentiment de Sarah lorsqu’il me semble que dans un groupe, sa manière de fonctionner ou sa croyance théologique est plus importante que la personne. Si l’évaluation est purement extérieure, les gens se sentent alors classés dans des tiroirs. Agir de cette façon (catégoriser et coller des étiquettes), donne un sentiment de sécurité à celui qui juge. Si quelque chose est classé, cela ne me dérange plus parce que je peux le mettre dans une catégorie. Si je condamne le comportement de ma sœur, je me positionne clairement au-dessus d’elle! Cette forme de jugement et de condamnation existait aussi au temps de Jésus, notamment chez les pharisiens. Ils observaient de très près les commandements, ils savaient ce qui était faux ou juste et leurs verdicts étaient tranchants et blessants.

Maintenant, je vais faire une comparaison que je demande au lecteur de me pardonner : Lorsque j’étais en Afrique l’année dernière, j’ai observé pendant un certain temps un groupe de sangliers. Ils se baignaient tranquillement dans toutes les fosses de boue et avalaient tout ce qu’ils trouvaient. Si l’on pense au fait, que même si l’un de ces cochons sauvages se mettait à suivre toute une série de règles et apprenait de nombreuses règles de bienséance… il resterait malgré tout un sanglier! Sa nature resterait la même que celle de ses congénères.

Pour nous les hommes, pécheurs de surcroît, c’est la même chose. Chaque jour, nous avons besoin du pardon de Jésus. Chaque jour, j’ai besoin de Sa grâce. Je ne peux jamais dire que je « l’ai obtenue » définitivement. Et si j’avais cette opinion, je serais bien loin d’avoir compris.

Combien de chrétiens sont soucieux de paraître bien, voire excessivement parfaits, quand ils se retrouvent avec des gens qui pensent comme eux! Trop de craintes, trop de colère, trop de doutes ne sont pas les bienvenus.  N’ont-ils jamais eu de doutes? Ne s’inquiètent-ils pas? Tout se passe-t-il bien pour eux? Sont-ils tous des surhommes et Sarah n’a alors rien compris? Si je suis consciente de mon propre état de besoin, je vais en parler avec mon frère et ma sœur en me situant au même niveau. Mon honnêteté et mon empathie auront plus d’impact que beaucoup de mots ou de conseils moralisateurs. Je ne distribuerai plus de « recettes rapides », mais des conseils bien intentionnés, sages et aimants.

Suggestion de prière : « Jésus, je te demande de me montrer comment je suis réellement, toujours à nouveau, et combien j’ai besoin de ton pardon, en particulier lorsque j’aimerais corriger mes frères et sœurs. »

Peut-être que mon voisin aurait besoin de vivre une pleine guérison dans de nombreux domaines de sa vie. Mon frère ou ma sœur en difficulté aurait simplement besoin d’une oreille attentive et de ma compassion. Et  non d’une recette miracle?

EI 15/08/2011

Je le fais et je le proclame:

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